Il y a une année, l’Union Européenne, puis la Suisse et l’AELE ont signé des accords commerciaux avec les quatre pays sud-américains Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) qui forment le MERCOSUR , marché de 270 millions d’habitants.
Dans les deux cas, les négociations duraient depuis une dizaine d’années et mobilisaient à diverses reprises dans nos pays l’opposition des écologistes – en raison notamment des risques de déforestation – et des milieux agricoles, craignant des importations massives de viande.
En Suisse, l’accord est maintenant discuté au Parlement. En juin 2026, le Conseil national a refusé l’accord proposé par 96 voix contre 86. On a assisté à une alliance entre la gauche et les milieux agricoles. A noter que le Conseil national a également refusé un ‘cadeau’ de 888 millions de CHF que les défenseurs de l’accord proposaient pour essayer d’amadouer les paysans.
Le dossier est maintenant soumis au Conseil des Etats, dont la Commission de politique extérieure propose un nouveau compromis : le ‘cadeau’ aux agriculteurs a été réduit à 517 millions CHF, ce qui pourrait faciliter le vote positif du Conseil des Etats. La gauche et les écologistes sont vent debout et menacent de lancer le référendum en cas d’acceptation. Je note que c’est encore un peu prématuré dans la mesure où l’accord devra encore repasser devant le Conseil national.
Comme l’expliquent les différents rapports officiels, le projet d’accord contient de nombreuses clauses qui devrait permettre de limiter l’impact sur l’environnement. L’enjeu et la critique des opposants est que le respect de ces règles ne fait l’objet d’aucun contrôle fiable. Ainsi, le WWF déclarait dans un communiqué récent : « la Commission rejette la protection contre la déforestation et met l’accord en péril ».
L’organisation environnementale propose dans ce cas précis à la Suisse de reprendre les règles de l’Union européenne pour prévenir la déforestation, ce à quoi la majorité de la Commission s’est opposée.
Du côté des milieux agricoles, il faut remarquer que cette discussion prend place dans une environnement défavorable : le gouvernement a indiqué vouloir diminuer à l’avenir les moyens financiers dévolus à l’agriculture (PA30+) et certains secteurs comme la viticulture souffrent des conditions climatiques et d’une concurrence étrangère accrue. On doit toutefois noter que les contingents prévus par l’accord ne représentent qu’une part relativement faible de la consommation helvétique : 3% pour la viande bovine et 2,3% pour la consommation de vin.
Affaire à suivre…
