Mercosur : steaks + forêts ?

13.10.2026 | Economie |

Troupeau de vaches à la désalpes
Drapeau français

Source

Presse
Drapeau français

Langue

Français
Territoire Suisse avec croix fédérale

Région

Suisse
Palais fédéral

Thème

Politique suisse
Troupeau de vaches à la désalpes

Le 2 octobre dernier le Parlement suisse a adopté à une relative large majorité « l’Arrêté fédéral portant approbation de l’accord de libre-échange entre les Etats de l’AELE et Mercosur ». La publication officielle est intervenue le 13 octobre et le délai référendaire court jusqu’au 21 janvier 2027.

Les Verts et la Gauche se sont opposés à ce texte, mais le référendum est lancé par l’Alliance contre la déforestation de la forêt tropicale, qui regroupe avant tout des organisation écologistes et tiers-mondistes.

Sur le long terme, le développement des exportations agricoles des pays en développement, et particulièrement de ceux du Mercosur, a clairement conduit à un recul de la forêt amazonienne. Toutefois des évolutions plus positives se sont dessinées ces dernières années. Nous sommes souvent confrontés à des choix compliqués qui mettent en question notre modèle de développement. Qu’est ce qui est préférable : importer du tourteau de soja brésilien pour engraisser des vaches suisses, ou importer de la viande brésilienne ? Ou alors réduire notre consommation de viande ? Les milieux critiques de cet accord ont cherché au Parlement à rendre les contrôles environnementaux clairement plus incisifs, de manière à réduire la concurrence déloyale que subit l’agriculture indigène à travers ces importations. La droite majoritaire a refusé d’améliorer ces garde-fous ce qui justifierait le lancement du référendum.

Pour les référendaires, cet accord impliquera automatiquement un désastre écologique. Une activiste déclare ainsi : « En supprimant les droits de douane sur le bœuf et le soja, l’accord pourrait entraîner une déforestation de 900 kilomètres carrés. » Le conseiller national Vert genevois Rudi Berli parle lui de pertes annuelles « ..cet accord engendrerait, chaque année, le déboisement d’une superficie équivalente à celle du lac de Bienne. », ce qui équivaut à un peu moins de 40 kilomètres carrés.

J’ai toujours eu les plus grands doutes sur les méthodes utilisées pour mesurer les méfaits des futurs échanges commerciaux et je suis persuadé qu’il nous faut revenir à des approches moins fantaisistes. Nos médias ont relaté notamment l’impact des politiques environnementales des pays concernés. Il a été ainsi établi que la déforestation au Brésil a clairement reculé à l’occasion de la présidence de Lula, tandis que l’arrivée de Bolsonaro s’est traduite par un net regain du recul de la forêt. J’ai eu la curiosité de demander à l’IA de m’aider à comparer cette évolution à celle des exportations brésiliennes de viande bovine.

Boeuf et forêt amazonienne
Boeuf et forêt amazonienne

Ce graphique montre selon moi un phénomène assez clair : la progression des exportations de viande brésilienne ne se traduit pas par un recul concomitant de la forêt amazonienne. D’autres facteurs interviennent, notamment les choix politiques en matière de respect de l’environnement.

Pour conclure : je ne suis pas persuadé que signer le référendum permettra de sauver la forêt amazonienne. Bien sûr, la situation électorale brésilienne suscite de nombreuses interrogations : le fils de Bolsonaro a devancé Lula au premier tour de l’élection présidentielle et il faudra attendre le second tour du 25 octobre pour connaître le vainqueur. Mais c’est cette décision – que je ne peux pas influencer – qui pèsera davantage sur l’avenir de la forêt amazonienne. De mon côté je vais renoncer à signer le référendum et faire des efforts pour réduire ma consommation de viande….