Biodiversité : sans prix ou impayable ?

15.12.2025 | Biodiversité |

Troupeau de vaches à la désalpes
Drapeau français

Source

Presse
Drapeau français

Langue

Français
Territoire Suisse avec croix fédérale

Région

Suisse
Palais fédéral

Thème

Politique suisse
Troupeau de vaches à la désalpes

La biodiversité – certains parlent simplement de la « nature » – est un phénomène très difficile à quantifier, au contraire des émissions de gaz à effet de serre et de leurs influences sur le climat. La biodiversité n’a pas son « étalon CO2 » et les facteurs régionaux jouent un rôle important, qui cache parfois les tendances continentales ou mondiales.

Le gouvernement suisse vient de publier son Plan d’action biodiversité pour la phase 2025-2030. En introduction d’un rapport d’un peu moins d’une centaine de pages,  le Conseil fédéral relève que la biodiversité est à la peine dans notre pays, malgré le fait que la Confédération « investisse » plus de 600 millions CHF par année pour préserver la biodiversité. En effet, « En Suisse, près de la moitié des milieux naturels sont désormais considérés comme menacés ; de plus, 17 % de toutes les espèces sont « au bord de l’extinction » ou « en danger ». En outre, 16 % des espèces sont vulnérables. » (rapport. p. 8). Ce sont à peu près les seuls chiffres que vous trouverez dans ce document qui contient presque exclusivement des descriptions de mesures formulées en termes très généraux.

Le document fait bien référence aux objectifs internationaux et notamment à la volonté de préserver 30% des surfaces en faveur de la biodiversité mais passe complètement sous silence les difficultés de la Suisse à étendre ses aires protégées. En effet, la Suisse n’a pas encore pu atteindre – et de loin – la proportion de 17% du territoire, objectif qu’elle avait accepté en 2010 dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique. Il devient alors complètement illusoire de parler de 30% en 2030 !

Cette fois, le programme d’action prend nettement ses distances avec les envolées budgétaires observées dans des exercices précédents. Le rapport précise ainsi (p. 85) : « Des fonds propres à hauteur de 4 millions de francs par an en moyenne sont à disposition pour les mesures sous la responsabilité de l’OFEV » (Office fédéral de l’environnement, principal acteur du programme). On est donc très éloignés des 600 millions cités précédemment.

La Suisse est un pays très développé, densément peuplé et dont la population a enregistré ces dernières années une très forte croissance. Un des problèmes récurrents est l’effet globalement négatif d’une agriculture largement productiviste qui ne parvient pas à réduire son empreinte. Dans ce contexte, je ne peux que relever que le rapport qui  nous est proposé est un véritable « foutage de gueule ». En effet, son chapitre consacré à l’agriculture se contente de signaler que des informations seront livrées au troisième trimestre  2026 dans le cadre du message sur la « Politique agricole 2030+ ». En fait, le gouvernement ne veux pas, ou a peut pas reconnaître le prix qu’il faudrait payer pour préserver cette biodiversité !