Les parties à la Convention de l’ONU sur la diversité biologique se sont réunies pour la 17ème reprise à Erevan en Arménie. Comme c’est souvent le cas dans de telles réunions, c’est au bout de deux semaines de séances que les diplomates ont réussi tôt ce matin à se mettre d’accord sur une déclaration finale, alors qu’une partie des délégations avaient déjà quitté la capitale arménienne.
Du côté suisse, le communiqué de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) reste sibyllin en constatant que les pays se sont « accordés sur des mesures visant à protéger les espèces « et en soulignant la nécessité de « poursuivre les efforts ». . La seule décision claire est, à mon avis, que les parties se retrouveront en 2028 à Quito en Equateur. De son côté, la ministre française Monique Barbut a jugé le bilan « pas à la hauteur des enjeux ».
Les questions des financements ont été au centre des préoccupations, la Suisse réussissant avec l’Union Européenne à s’opposer à la création d’un nouveau fonds international demandée par les pays en développement. Les membres ont dû reconnaître l’échec du « fonds de Cali » lancé à la dernière COP en Colombie. Ce fonds, qui était sensé recueillir les contributions des entreprises multinationales profitant des ressources biologiques des pays en développement, n’a reçu que 10’000 dollars, au lieu des 2 milliards envisagés ! D’après ce que je comprends, aucune entreprise suisse n’y a contribué. Il a été décidé in-extrémis de de revoir les mécanismes et de reprendre les discussions en 2028. Le report à 2028 a également été proposé pour la question très controversée de la diminution des subventions (par exemple agricoles) néfastes pour la biodiversité.
Les comptes rendus que j’ai parcourus ont souligné l’intervention helvétique en faveur des analyses scientifiques de l’IPBES (le GIEC de la biodiversité, ipbes.net) : « Prenant la parole au nom de 56 pays, la représentante suisse, Gabriela Blatter [cheffe de section Politique internationale climat et biodiversité de l’OFEV], a ainsi « regretté la multiplication des situations où les données scientifiques et leur prise en compte sont remises en question ou entravées » .
A part cela, une grande partie des discussions ont été consacrées à l’avancement des actions pour mettre en œuvre la grande décision prise à Montréal à fin 2022, à savoir de consacrer à l’horizon 2030 30 % des surfaces mondiales à la préservation de la biodiversité.
Même si cet objectif n’est pas une obligation internationale stricte, il faut reconnaître que notre pays est très loin du but dans ce domaine. Le communiqué de l’OFEV relève d’ailleurs que la Suisse consacre 21,4% de son territoire à cette préservation. J’imagine que ce chiffre n’a pas été au centre des communications helvètes à la COP17, ce d’autant plus que de nombreuses voix critiques relèvent que les aires protégées au sens strict ne représentent que 13,4% du territoire suisse.
Par rapport aux pays voisins, la Suisse a beaucoup moins de terres vierges/inutilisées. Le développement du Plateau suisse rend la préservation de la biodiversité très compliquée. Les régions alpines sont beaucoup moins peuplées mais de nombreux facteurs font qu’on ne peut pas les considérer comme notre « réserve d’indiens », même si le réchauffement climatique peut entrainer un recul du tourisme hivernal……

