Rating climatique : Suisse meilleure ou zut ?

14.11.2022 |

Le 9 novembre 2021 le WWF titrait dans son communiqué de presse : « Classement par pays : en matière de politique climatique, la Suisse rétrograde du 23ème au 51ème rang ». Aujourd’hui 14 novembre 2022, l’organisation au panda écrit dans le chapeau de son communiqué : « Par rapport à l’an dernier, la Suisse perd 7 rangs au classement du Climate Change Performance Index (CCPI). Elle est désormais 22e au palmarès des pays comparés d’après les mesures qu’ils prennent pour protéger le climat ». Un panda n’y retrouverait pas ses petits, me direz-vous !

En fait, dans le deux cas le WWF commente une étude allemande qui établit chaque année un classement des pays en fonction de leur politique climatique et de plusieurs facteurs statistiques ou subjectifs. La comparaison des deux communiqués montre que l’ONG environnementale cherche à faire apparaître la Suisse sous un angle défavorable, vraisemblablement pour donner plus de poids à ses propositions politiques.

Le titre de 2021 fait référence à un sous-indice pesant pour 10% et concernant la politique climatique nationale évaluée sur la base d’une note attribuée par un expert national ; celui de 2022 reflète le classement général de la Suisse établit sur la base de quatre domaines, dont le sous-domaine de la politique nationale. En février dernier, j’ai consacré un commentaire à l’étude de l’an passé. Si je reprends l’analyse aujourd’hui, le site du CCPI indique que la politique climatique nationale de la Suisse se classe cette fois au 36ème rang (contre au 51ème l’an passé). Il me faut donc remercier l’expert national de Greenpeace pour sa mansuétude !

Que la Suisse soit rétrogradée parmi les pays « moyens » au niveau du classement général pourrait contrarier les helvètes mais mérite toutefois une analyse plus approfondie. A part le « point noir » de la politique nationale, on remarque que notre position se dégrade légèrement dans l’ensemble des domaines évalués. C’est dans le domaine des émissions de CO2 que le score de la Suisse est le meilleur et c’est dans celui des énergies renouvelables qu’il est le moins bon. Les récentes publications fédérales dans ce domaine confirment nos difficultés à développer les énergies renouvelables lorsqu’on met entre parenthèses l’énergie hydraulique. Notre 25ème rang n’est donc pas si étonnant.

Mais restons positifs : nous ne sommes pas les pires…[les Allemands parlent de ‘Schadenfreude’] Par exemple, La France a perdu 11 rangs et les experts lui conseillent de faire des progrès en matière de renouvelables (non atomiques), domaine dans laquelle elle se trouve au 44 rang…Pour la Suisse, les mêmes experts semblent manquer d’inspiration : ils font référence au rejet de la loi CO2 qui expliquait déjà la détérioration enregistrée l’an passé et font remarquer que l’empreinte carbone de la Suisse est élevée à cause de ses importations. C’est peut-être un détail, mais le classement de Germanwatch ne tient compte que de la production nationale et pas des importations….

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